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« Splann ! » : quotidien d'enquête

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« La crise hospitalière est le résultat de choix politiques », Isabelle Jarjaille sur C-Lab

[👉 Lire notre enquête Hôpital public : une destruction programmée, un marché pour le privé] Que s’est-il passé au cours des vingt dernières années pour que le service public hospitalier se retrouve en aussi grande difficulté ? Isabelle Jarjaille a tâché d’y répondre pour « Splann ! ». Notre journaliste était l’invitée de l’émission Six heures avant minuit, sur la radio rennaise C-Lab, le 13 octobre 2025, pour présenter l’enquête qu’elle cosigne avec Caroline Trouillet. « Ce qui se passe aujourd’hui est le résultat de choix politiques, qui sont guidés par une volonté de rationaliser économiquement l’hôpital, expose Isabelle Jarjaille. Ces choix aboutissent à une situation où non seulement on manque de médecins, mais aussi de lits. Certains bâtiments sont très vétustes. » L’exemple des maternités est particulièrement parlant. « Au lieu de donner de l’argent à l’hôpital comme on le fait pour l’éducation avec une enveloppe globale, on lui donne de l’argent en fonction de ses activités. On tarife tous les actes (comme la péridurale). Or, ceux de gynécologie-obstétrique sont sous-financés et il faut donc faire énormément d’activité pour gagner de l’argent ou, au moins, ne pas en perdre. » La T2A, imposée par le gouvernement à partir de 2003, a mis les hôpitaux en concurrence avec les cliniques privées. D’autres décisions ont entraîné un recul de l’égal accès aux soins. Ainsi, en Ille-et-Vilaine, le service de soins de réadaptation du centre hospitalier de Brocéliande (Saint-Méen-le-Grand et Montfort-sur-Meu) a fermé, malgré la promesse de maintien faite en 2022 par l’Agence régionale de santé. Dans le même temps, le groupe Vivalto, qui possède les cliniques de Saint-Grégoire et de Cesson-Sévigné, a reçu l’autorisation d’ouvrir son propre service. « Le privé risque de faire des choix parmi les patients, en recueillant ceux qui sont les plus rentables et en refusant ceux dont les pathologies sont plus lourdes mais mal rémunérées par la T2A. » Ce mode de financement entraîne un cercle vicieux pour des hôpitaux bloqués dans leur capacité d’investissement. Au point que certains bâtiments ne répondent plus aux normes de sécurité incendie, à Rennes ou à Redon. Des soignants mettent des draps aux fenêtres l’hiver pour éviter que le froid n’entre dans les chambres. « Tous ces hôpitaux sont en déficit, pointe Isabelle Jarjaille. On leur demande de faire plus d’activité pour avoir plus d’argent, afin de pouvoir investir. J’ai pu prendre connaissance d’un document confidentiel interne à l’hôpital de Vitré. On y apprend que les soignants ne peuvent pas faire plus d’activité étant donné que les bâtiments sont détériorés. Des services fonctionnent a minima, car certaines salles ne sont pas opérationnelles, il manque du matériel, etc. » « On est face à un problème très concret : des bâtiments se détériorent jusqu’au jour où ils ne seront plus du tout capables d’accueillir du public. C’est un refus d’investir dans la santé », constate Isabelle Jarjaille. 💸 Splann ! est un média à but non lucratif, qui fonctionne grâce à votre générosité. Vous pouvez nous faire un don ponctuel ou mensuel en ligne ou par chèque. 📣 Vous avez une information d’intérêt général qui mériterait une enquête en Bretagne ? Contactez-vous. 👍 Retrouvez-nous sur les réseaux sociaux. Nous sommes présents sur Mastodon, Facebook, LinkedIn, Instagram, Bluesky, Threads et YouTube. 📩 Abonnez-vous à notre infolettre pour recevoir une alerte lors de la publication de chacune de nos enquêtes, ainsi que des articles en avant-première chaque mois. C’est gratuit et ça le restera.

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